Chiffres-clés de la psychiatrie 2023

2,8 millions de personnes sont affectées de maladies psychiatriques et 5,8 millions bénéficient d'un traitement chronique par psychotrope en 2021, estime la CNAM. La prise en charge de ces pathologies représente un budget de 25 milliards € en 2021, (soit près de 13,5 % des dépenses totales de l'assurance maladie), à peu équivalent à celui des dépenses relatives à la prise en charge des cancers (22,6 milliards €)*.

Le tableau de bord ci-dessous rassemble quelques indicateurs relatifs à l'offre de soins spécialisés en psychiatrie, en termes d'effectif de praticiens (T1-T2-T3), d'effectif des personnels non médicaux des établissements psychiatriques (T4) et d'équipements en lits de psychiatrie plein temps (T5).

SourcesAméliorer la qualité du système de santé et maîtriser les dépenses -  Propositions de l'assurance maladie pour 2024. Caisse nationale d'assurance maladie.

*Sont considérées comme "malades psychiatriques" par l'assurance maladie les personnes "admises" en Affection longue durée (ALD) au titre des affections psychiatriques (les démences ne sont pas comptabilisées dans ce groupe) et/ou les personnes hospitalisées dans l'année pour un de ces motifs.

Tableau Contenu Source
T1

Évolution de l'effectif de psychiatres, selon le mode d'exercice, 2012-2023

Tableau et graphique

DREES, RPPS
T2 Évolution du nombre de psychiatres libéraux Assurance maladie
T3 Évolution de l'effectif des praticiens hospitaliers des établissements publics de psychiatrie 2013-2022  SAE (DREES)
T4 Évolution de l'effectif des personnels non médicaux des établissements psychiatriques, selon le statut des établissements (2013-2022) SAE (DREES)
T5 Évolution des capacités d'hospitalisation plein temps des établissements de psychiatrie (2013-2022) SAE

T1 - Le nombre total de psychiatres continue de progresser

TCAM : taux d'accroissement annuel moyen


Ce tableau met en évidence une augmentation globale du nombre de psychiatres de 0,7 % par an entre 2012 et 2023, une moyenne qui cache des évolutions contrastées selon le mode d'exercice ;

  • Les effectifs de médecins ayant une activité libérale sont en légère baisse sur la période malgré un redressement au cours des dernières années (voir tableau T5)
  • Les effectifs de médecins hospitaliers salariés progressent de 0,9 % par an
  • La plus forte progression concerne les effectifs de psychiatres qui n'ont pas d'activité libérale, et qui ne sont pas salariés hospitaliers.

Une augmentation des effectifs ne signifie pas forcément une progression de l'offre de soins, à cause notamment du développement du "temps partiel".


T2 - Progression récente des effectifs de psychiatres libéraux

  • L'effectif des psychiatres libéraux a diminué de 4,4 % depuis 2012. Leur situation démographique est préoccupante ; la moitié d'entre eux sont âgés de 60 ans ou plus. 
  • Leur effectif progresse cependant depuis 2018 ; ce mouvement est lié vraisemblablement à l'installation en libéral de psychiatres exerçant auparavant comme salariés hospitaliers.
  • Certains praticiens exercent uniquement à temps plein, alors que d'autres ont également une activité à temps partiel dans un établissement public, un établissement pour personnes handicapées...
  • Les psychiatres libéraux effectuent chaque année
    15 millions de consultations et visites.
  • L'offre de psychiatres est répartie de manière très inégalitaire. Paris a la plus forte densité de professionnels (60,7 psychiatres pour 100 000 habitants). Dans de nombreux départements ruraux la densité atteint 1 ou 2 psychiatres
    pour 100 000 habitants (Cantal, Mayenne, Aube...).

Source : data professionnels de santé libéraux - Ameli


T3 - L'effectif de praticiens hospitaliers (ETP) recule depuis 2017

Les effectifs (en équivalent temps-plein) de praticiens hospitaliers sont en baisse de  5,7 %depuis 2016, ce qui correspond à la perte de  369 postes. 

Cette baisse s'explique par l'augmentation du nombre de praticiens exerçant à temps partiel et par des départs de praticiens hospitaliers ayant quitté l'hôpital pour s'installer en libéral.


T4 - Forte progression de l'effectif de personnels hospitaliers (non médicaux) dans les cliniques

Un peu plus de 100 000 personnes (ETP) exercent dans les hôpitaux psychiatriques publics et privés en 2022, chiffre en augmentation de 2,8 % par rapport à 2013. Les effectifs des cliniques privées ont augmenté de 78 % au cours de la même période. Les données ci-dessus ne sont toutefois pas tout à fait comparables.

  • Les statistiques des établissements publics prennent en compte les personnels exerçant dans des unités d'hospitalisation plein temps (avec hébergement), mais aussi ceux exerçant en hôpital de jour, en accueil thérapeutique, en Centres médico-psychologiques (CMP)..., dans les unités de sectorisation psychiatrique comme dans les unités intersectorielles.
  • En revanche, les statistiques des cliniques privées ne concernent que les personnels exerçant en établissement de soins psychiatriques (plein temps et hôpital de jour).

T5 - Les cliniques représentent dorénavant plus du quart de l'offre de soins

En 2021, 324 000 personnes ont été hospitalisées à plein temps dans un établissement de soins psychiatriques, pour une durée annuelle d'hospitalisation de 51 jours (SAE).

Depuis 2013, le nombre de lits de psychiatrie a augmenté de 14 % dans les cliniques, alors qu'il a baissé de 17 % dans les établissements publics. Grâce à un système de tarification plus avantageux, les cliniques privées psychiatriques se sont fortement développées au cours de la dernières décennie. Une réforme est en cours qui vise à unifier le système de tarification des établissements publics et privés.

*Les établissements dits "ESPIC" désignent les établissements privés d'intérêt collectif (ex PSPH).

** La durée annuelle d'hospitalisation est obtenue en divisant le nombre total de journées d'hospitalisation par le nombre de personnes hospitalisées.


Que pensez-vous de ce tableau de bord ? Faîtes nous part de vos commentaires.

Merci

Commentaires: 1
  • #1

    Jacques Yziquel (lundi, 18 décembre 2023 20:31)

    Bonsoir,
    Avant de consulter les tableaux, j'ai d'abord été surpris par le nombre de personnes affectées d'une maladie psychiatrique ou bénéficiant d'un traitement par psychotrope ainsi que par le poids de ces dépenses pour l'assurance maladie.