ACTUALITES


Cannabis : la France toujours en tête chez les 15-34 ans

L’observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT), installé à Lisbonne, au Portugal, livre chaque année son rapport relatif à l’offre et aux usages des drogues, à partir d’enquêtes menées par les pays participant (Europe, Turquie, Norvège). Dans sa livraison de juin 2017, les données présentées (concernant l’année 2015) mettent en évidence la situation particulière de la France, avec 22 % des 15-34 ans déclarant avoir consommé du cannabis dans l’année précédant l’enquête, notre pays occupant la première place parmi les pays enquêtés. En revanche, en matière de mortalité liée à l’usage de drogues, la France fait partie des pays les moins touchés (moins de 500 décès par an). En comparaison, l’impact sanitaire de la consommation de tabac ou d’alcool se mesure quant à lui en dizaines de milliers de décès chaque année en France, et de prises en charge de nombreuses pathologies associées à l’usage de ces produits.

Publié le 11 août 2017



Va-t-on manquer de médecins ?

Cette question revient très régulièrement dans l’agenda politique depuis une quinzaine d’années, les français étant de plus en plus souvent confrontés à des difficultés pour obtenir un rendez-vous auprès de leur médecin.

Un constat tout d’abord ! La France n’a jamais eu autant de médecins, 220 000 environ, mais cette croissance continue cache des difficultés importantes de recrutement pour certaines spécialités ou modes d’exercice. Ainsi, l’effectif de généralistes libéraux (environ 60 000) est inférieur à son niveau de 1996, alors que notre pays compte près de 7 millions d’habitants supplémentaires.

La ministre chargée de la santé, Mme la Professeure Agnès Buzyn, a annoncé, pour la rentrée prochaine, un plan pour remédier aux situations de « déserts médicaux » que certaines parties du territoire connaissent. Le Sénat vient de publier quant à lui un rapport dressant un bilan des dispositifs déployés pour remédier à ces situations, et proposant 19 mesures susceptibles d’améliorer la situation dans ce domaine.

Lire également le dossier de la DREES (service statistiques du ministère chargé de la santé) qui interroge le concept même de désert médical.



Suppression du Régime social des indépendants (RSI) : de la théorie à la pratique

Dans son programme présidentiel, le candidat Macron avait préconisé la suppression du Régime social des indépendants (RSI), institué en 2005 par Nicolas Sarkozy, qui offre un guichet unique en matière de maladie, de retraite et de versement de cotisations aux travailleurs indépendants (commerçants, artisans, chefs d’entreprise, professions libérales). L’installation du RSI a connu en effet des dysfonctionnements nombreux, analysés par la Cour des comptes, qui ont suscité un vif mécontentement chez les assurés sociaux.

Maintenant, il s’agit de passer de la théorie à la pratique, en évitant de recommencer les mêmes erreurs que celles qui ont été commises lors du lancement du RSI. La mission exploratoire a été confiée à Dominique GIORGI (président du Comité économique des produits de santé), avec la collaboration de plusieurs hauts fonctionnaires. Selon les hypothèses actuelles, les assurés de ce régime seraient rattachés pour l’assurance maladie au régime général, tout en bénéficiant d’un guichet spécifique. Reste à traiter le problème des complémentaires-santé, les organismes gérant actuellement le service de base aux assurés de ce régime offrant parallèlement une garantie complémentaire. Par ailleurs, cette réorganisation est susceptible d’aboutir à la suppression du guichet unique dont bénéficient les assurés sociaux de ce régime.

Le gouvernement a annoncé la mise en oeuvre de cette réforme dès le 1er janvier 2018, ce qui suppose un calendrier particulièrement serré et l'intégration de ces dispositions dans la loi de financement de la sécurité sociale 2018 soumise au Parlement à l'automne.



Vaccination : le débat est (re) lancé !

Différentes enquêtes ont mis en évidence une grande défiance de la population française à l’endroit de la vaccination ou de certains vaccins. Le nouveau ministre souhaite rendre obligatoires pour les enfants huit vaccins en plus des trois actuellement prescrits par la loi, proposition qui a provoqué de vives réactions, mais qui a permis également de lancer le débat sur les bénéfices et les risques liés aux pratiques vaccinales. Pour contribuer à ce débat, le journal Le Monde a entrepris, avec l’aide de Santé publique France, de présenter un certain nombre de données épidémiologiques sur l’impact de la vaccination sur les pathologies correspondant à ces vaccins. Autre élément susceptible de contribuer à ce débat, le rapport de la consultation citoyenne lancée à l'automne 2016 par le précédent gouvernement.



Étiquetage nutritionnel simplifié : les Etats européens ne sont pas d'accord entre eux

Vous ne comprenez sans doute pas grand-chose aux débats actuels sur l’étiquetage nutritionnel des produits alimentaires. Le site internet www.euractiv.com fait le point sur cette question complexe dans un article publié le 20 juin dernier.

Le gouvernement anglais est le premier à avoir institué un système d’étiquetage nutritionnel à partir d’un code couleurs, permettant d’identifier visuellement la teneur énergétique des aliments, mais aussi la proportion de matières grasses, de sucres, et de sel, avec un code couleurs (vert, ambre, rouge), pour chacun de ces éléments. Un tiers des produits alimentaires anglais utiliseraient actuellement ce code couleurs. Plusieurs pays d’Europe du sud se sont opposés à la généralisation de ce système qui a été rejeté par le Parlement européen en 2011.

Le gouvernement français a fait au printemps 2017 un autre choix, encore plus synthétique, le « nutriscore » : chaque aliment se voit attribuer un seul score, avec un code couleur qui va du vert (pour les aliments les plus sains) au rouge (pour ceux qui sont les moins conseillés). Ce système est comparable à celui qui est utilisé pour évaluer la consommation énergétique des appareils électro ménagers. Un seul industriel français (Fleury-Michon) et plusieurs groupes de distribution (Auchan, Intermarché, Leclerc), ont manifesté leur intention de mettre en place ce nouveau système d’étiquetage dès 2017, bien qu’il ait un caractère facultatif, puisque toute législation dans ce domaine relève du droit européen. Mais les résistances sont fortes, beaucoup d’Etats européens y sont opposés et de grands groupes alimentaires (Nestlé, Coca-Cola, Mars) ont choisi d’instituer leur propre étiquetage. Consommateurs, ouvrez les yeux dorénavant en parcourant les allées de votre supermarché !



Publié le 9 août 2017